Utiliser les aliments fibreux en alimentation équine

Delphine Franckson
il y a 1 mois | 5 min de lecture
Utiliser les aliments fibreux en alimentation équine

Nutrition équine : le recours aux aliments fibreux

Les aliments dits « fibreux » ou « fibrés » sont en réalité composés de diverses matières premières (céréales, protéagineux, huiles, coproduits, minéraux, …) mélangées à une part plus ou moins importante de fourrage sec (foin). Ce foin peut être composé de différentes espèces végétales - issues de prairies plus ou moins intensives - ou d’une seule, par exemple de ray-grass italien ou de luzerne.

Bien choisis, ils peuvent se montrer utiles auprès de certains chevaux pathologiques mais nécessitent également une certaine prise de recul !

Quels sont les avantages (et les inconvénients !) de ce type d’aliments ?

La partie fibreuse va apporter une énergie « douce » à l’organisme ; plus adaptée aux chevaux souffrant d’ulcères ou de troubles métaboliques et intéressante dans certains contextes sportifs.

Ces aliments stimulent la mastication et la production de salive, ce qui aura un effet positif sur l’acidité gastrique et sur la digestion. La libération progressive de l’énergie provenant de la digestion (fermentation) des glucides structuraux dans le gros intestin n’engendrera pas de pic glycémique élevé et sera donc indiqué pour des chevaux SME, par exemple.

Ce type d’aliment aura également un impact sur la vitesse d’ingestion, obligeant le cheval à manger plus lentement. C’est utile dans le cas de chevaux « gloutons » ou pour participer à la satisfaction du budget-temps et à la lutte contre l’ennui… 

Attention, cependant… « Fibres » ne veut pas dire « pauvre » et certains de ces aliments peuvent apporter une quantité élevée d’énergie voire de sucres solubles (à défaut d’amidon). Il faut donc penser à bien lire les étiquettes pour éviter les mauvaises surprises, par exemple avec des chevaux insulino-résistants, fourbus chroniques ou en surpoids !

Certains produits fibreux sont également susceptibles de provoquer des bouchons œsophagiens et devront être distribués réhydratés. Tous les chevaux ne sont pas égaux devant cette problématique et faudra rester vigilant, surtout si c’est la première fois que vous testez ces mélanges.

Il est également important de noter que toutes les fibres ne conviennent pas aux chevaux ulcéreux. Ainsi les tiges de luzerne, par exemple, sont particulièrement rigides et dures et peuvent participer à agresser le tractus, surtout sur une muqueuse déjà lésée… (NB. L’intérêt de la luzerne dans le traitement des ulcères sera abordé dans un prochain article).

Un autre mauvais usage des aliments fibreux, pourtant courant, est le sous-dosage. Conduisant soit à une ingestion totale trop basse, si la ration n’est pas complétée par du foin classique (par exemple) ; soit à des carences plus ou moins importantes, typiquement en énergie et/ou en protéines.

En effet, de nombreux propriétaires sont habitués à mesurer l’alimentation en « litres » ou en « pelles » …

Or, ces aliments présentent une densité beaucoup plus faible que les concentrés classiques et sont pourtant formulés pour être distribués en quantité « importantes », ce qui est indispensable si l’on souhaite couvrir tous les besoins en vitamines et minéraux du cheval.

Notez bien que beaucoup de nos aliments du commerce contiennent aujourd'hui une petite portion de fibres, généralement amenées sous la forme de tiges de luzerne. Cette fraction infime ne permet pas de classer ce type de concentré dans la famille des aliments "fibreux".



👉 En ne donnant qu’un ou deux litres par jour, on s’expose donc à des déséquilibres plus ou moins importants. Et il faudra donc compléter la ration, par exemple avec une source externe de protéines et un amv judicieusement choisi.

Finalement les mélanges contenant des quantités conséquentes de fibres (foin) vont conduire à des interrogations sur les plans éthiques, économiques et écologiques. 

Plutôt que d’acheter uniquement du foin local vous allez acheter, finalement, un foin haché, mis en sacs, généralement issus de cultures intensives, voire irriguées, ayant souvent parcouru de longues distances avant d’arriver jusqu’à vous. On utilise souvent des arguments marketing assez fallacieux pour vous faire miroiter une plus « haute » qualité liée à l’origine de ces foins… qui n’existe pas, ailleurs que sur le papier !

📌 Notre conseil : Ces aliments doivent être utilisés dans un contexte réfléchi et spécifique. Il convient de bien lire les étiquettes et d’ajuster la ration en fonction des besoins alimentaires réels de votre cheval et de ses éventuelles pathologies.

N'oubliez pas que ces aliments sont souvent choisis comme "palliatif" pour essayer de dissimuler une alimentation inadaptée, une ration déséquilibrée ou un mauvais choix concernant le fourrage : quantité trop faible, mal répartie dans le temps ou de qualité inadaptée.

En choisissant une modalité de distribution "à volonté", des systèmes de slowfeeding, ou en enrichissant le milieux de vie des chevaux au moyen d'arbres fourragers, par exemple, vous atteindrez plus aisément la satisfaction de leurs besoins alimentaires...

👉 Nous restons à votre disposition pour vérifier l’équilibre de vos rations et discuter ensemble des meilleures options via un bilan alimentaire 📝 ou un 💻🔍 visio-conseil, par exemple 😉

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